Kinshasa, 23 juin 2026 – Le Fonds de Solidarité de Santé (FSS) a tenu une séance d’échanges avec les représentants des délégations syndicales des enseignants autour de la réforme de la protection sociale en République Démocratique du Congo et de la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO).

À l’ouverture de la rencontre, le Directeur Général du FSS a sollicité l’accord de l’assemblée avant d’entamer sa présentation. Un représentant syndical est intervenu pour souhaiter que les documents de travail soient désormais transmis en amont des réunions afin de permettre aux participants de mieux préparer les échanges. Cette observation a été accueillie favorablement avant le début de la présentation.

Les fondements juridiques de la réforme

Le Directeur Général a rappelé les principaux textes qui fondent la réforme de la protection sociale en santé, notamment la Constitution, la Loi n°18/035 du 13 décembre 2018 fixant les principes fondamentaux relatifs à l’organisation de la santé publique, ainsi que la Loi n°25/046 du 1er juillet 2025 modifiant et complétant la Loi n°16/013 du 15 juillet 2016 portant statut des agents des services publics de l’État. Il a également présenté les décrets organisant le fonctionnement du Fonds de Solidarité de Santé.

La Couverture Santé Universelle au cœur des engagements de la RDC

Le Directeur Général a rappelé que la République Démocratique du Congo s’inscrit dans la dynamique des Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, en particulier ceux relatifs à la lutte contre la pauvreté, à la santé, à l’accès à l’eau et à l’assainissement ainsi qu’au travail décent.

Il a ensuite présenté les principales innovations introduites par l’Ordonnance-Loi n°23/006 du 03 mars 2023, parmi lesquelles :

  • la mise en place des six établissements de la Couverture Santé Universelle ;
  • la migration du régime octroyé vers un régime contributif ;
  • l’Assurance Maladie Obligatoire organisée autour de quatre sous-régimes (agents publics de l’État, secteur privé, élèves et étudiants, travailleurs du secteur informel) ;
  • la prise en charge totale des personnes indigentes et vulnérables par l’État ;
  • la mise en place de l’Assurance Maladie Complémentaire.

Le rôle du FSS dans la mise en œuvre de l’AMO

Le Directeur Général a rappelé que, conformément à l’article 43 de la législation en vigueur, le Fonds de Solidarité de Santé dispose de l’exclusivité de la gestion de l’Assurance Maladie Obligatoire portant sur le paquet de base des soins. Il a également présenté l’arrêté fixant les modalités de mise en œuvre de l’AMO ainsi que le mécanisme de financement reposant sur une cotisation répartie entre les employeurs et les travailleurs.

Les prestations couvertes et les échanges avec les syndicats

La présentation s’est poursuivie par une explication détaillée des prestations couvertes par le paquet de base, en commençant par les soins de santé primaires (« Kobota Ofele »), ainsi que par une clarification du fonctionnement du ticket modérateur.

Les représentants syndicaux ont ensuite formulé plusieurs préoccupations, notamment sur les modalités de financement de la couverture des élèves et étudiants ainsi que sur les mécanismes de cotisation applicables aux travailleurs du secteur informel. En réponse, le Directeur Général a précisé que la contribution de ce dernier sous-régime sera adaptée selon des tranches définies en fonction des capacités contributives.

Interrogé sur le calendrier de mise en œuvre de l’Assurance Maladie Obligatoire, le Directeur Général a indiqué que le lancement s’effectuera progressivement. Les premiers mois seront consacrés au déploiement du dispositif, tandis que le Fonds de Solidarité de Santé prévoit d’être pleinement opérationnel sur le plan technique à partir du mois d’octobre 2026.

À travers cette rencontre, le Fonds de Solidarité de Santé poursuit sa démarche de dialogue avec les partenaires sociaux afin de favoriser une meilleure compréhension des réformes engagées et de préparer, dans un esprit de concertation, le lancement effectif de l’Assurance Maladie Obligatoire en République Démocratique du Congo.